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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 14:40

Dès l'avènement de la bourgeoisie   un système s'est mis en place sauf lors les périodes troublées, d'une grande efficacité jusqu'à nos jours.  Un parti de la conservation et un parti du mouvement, d'accord sur l'essentiel  (la propriété, le patrimoine, l'accumulation du capital, la mise à l'écart des couches populaires, la société par actions, la Bourse)    se divisaient sur des questions secondes sans être secondaires qui  ne remettaient pas en cause les fondements (l'esclavage, la question d'Irlande, les aménagements permettant une adhésion populaire au système, le vote des femmes par exemple). A quoi voit-on qu'une question est seconde, même si elle est très importante ? A ce qu'une fois acceptée par la conservation et le mouvement elle ne modifie pas le système : la fin de l'esclavage, le vote des femmes,  la sécurité sociale ou les congés payés n'ont pas mis fin au capitalisme.

 Il ne s'agit pas d'une démocratie formelle, comme l'a décrété  à tort le marxisme léninisme. La bourgeoisie n'est pas un bloc homogène.  Par exemple la grande industrie et  les couches supérieures à patrimoine  rural n'avaient pas la même vision du libre-échange.  Pour les  gros industriels, le monde s'ouvrait à eux, pour les gros producteurs de blé, la concurrence des blés étrangers était mortelle. Deux mouvements  aux contours idéologiques changeants s'avéraient nécessaires pour résoudre les contradictions tout en maintenant la paix sociale nécessaire aux affaires. Les Républicains ont succédé aux Monarchistes  sous la IIIème, le capitalisme n'en a pas souffert.

Lorsque  la question sociale a  monté en puissance les repères se sont  brouillés.  Il est même arrivé que la bourgeoisie allemande  épouvantée se jette dans les bras du nazisme.  Ailleurs les choses sont  aussi devenues beaucoup plus compliquées.   Le parti bourgeois du mouvement   n'a pas survécu, sinon sous la forme de centrismes improbables.   C'est la social-démocratie qui a pris le relais. L'exemple le plus achevé est la Grande-Bretagne où le parti travailliste s'est installé dans les pantoufles du parti libéral.

    Cette configuration a permis des avancées communément appelées Etat Providence mais si l'on excepte la commune, les Spartakistes en Allemagne et la Révolution des œillets au Portugal jamais le capitalisme n'a été sérieusement remis en cause.  Et ces épisodes sont liés à des défaites militaires qui ont momentanément affaibli l'état bourgeois.

   On peut donc affirmer que le bipartisme opposant un parti  de la conservation et un parti du mouvement est constitutif de la démocratie bourgeoise et peut s'accommoder de l'existence d'un grand nombre  de partis politiques  qui masquent cette réalité profonde.

  A partir des années 80 le passage au capitalisme rentier  a fait imploser ce système bien rodé.          Pour que le bipartisme existe il faut à l'intérieur de la sphère capitaliste   la possibilité de solutions différentes.   Un des partis sera libre-échangiste, l'autre protectionniste et isolationniste, et un compromis s'établira  qui préservera les intérêts  des diverses composantes.

   Si l'analyse du capitalisme rentier développée  dans le blog est correcte,  la conclusion va de soi : il n'y a plus trente-six solutions pour faire prospérer la rente, mais une seule : la ligne qui est imperturbablement suivie. De multiples faits le prouvent. La déflation rampante a des effets pervers graves mais l'inflation est le seul et unique ennemi.  La titrisation provoque périodiquement l'éclatement de la bulle, mais  reprend  de plus belle aussitôt après cet épisode malheureux. Le traitement de la dette grecque interdit toute possibilité au pays de la rembourser, mais elle n'est pas diminuée.  Le fait que la Chine soit devenue l'usine du capitalisme rentier  permet l'émergence d'une grande puissance qui à terme sera un concurrent. Mais on continue. Lorsqu'il y a un embryon de relance comme cela arrive aux USA, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, alors qu'avant le New Deal permettait une redistribution. Le risque social et politique est considérable mais on continue  L'augmentation du taux de profit se réalise  toujours partiellement  aux dépens  des salariés  mais les pays développés de la rente   sont de moins en moins industrialisés.  Des activités depuis toujours abandonnées à la bourgeoisie à patrimoine dans des secteurs à moyenne valeur ajoutée sont désormais annexées au capitalisme rentier qui fait flèche de tout bois : réparation automobile, blanchisserie, hôtellerie, commerce de luxe, BTP, transports, taxis  passent dans le giron des multinationales, souvent en lien avec les progrès des télécommunications et de l'informatique. La conséquence en est redoutable.  On passe inexorablement d'une multitude de solutions pour accumuler du capital à une solution unique même si les formes apparentes  restent multiples : il faut être adossé aux Etats et à l'Europe, disposer d'un lobbying puissant, internationaliser la gestion pour ne pas payer d'impôts, avoir l'assise suffisante pour passer les périodes difficiles, disposer de journaux obéissants. Ce n'est plus à la portée du petit capitaliste local.

A solution unique parti unique. Cette affirmation  fera bondir nos lecteurs habitués aux nombreux sigles sensés constituer  le monde politique, vécu comme pluraliste.

Aucun citoyen n'a conscience que c'est une situation de parti unique,  pourtant aisément vérifiable, parce que l'hégémonie reste très forte. Mais il constate que Hollande fait comme Sarkozy et commence à subodorer  que son successeur fera comme lui. Le bipartisme tranquille n'est plus vécu comme la solution mais comme un jeu de dupes.

. Macron représente la droite et le social libéralisme réunis. Il est le symbole du parti unique de l'argent. Le capitalisme rentier a épuisé les solutions  politiques à sa disposition. C'est  pour cette raison qu'il est de plus en plus autoritaire et éloigné du peuple.   

Des partis non concernés par le bipartisme tranquille ont existé ou existent , à commencer par le PCF. Lorsqu'ils ont été associés au pouvoir c'est sur des strapontins.  La réflexion ne concerne que les partis ayant exercé  réellement le pouvoir en alternance.

 

 C'est au lecteur à tirer les leçons de cette évolution.  Face au parti unique de l'argent formé d'une multitude de partis faussement opposés  , créons le rassemblement  de  l'Humain d'abord qui devienne la seule alternative politique.

Henri Ausseil

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Published by PCF Littoral - dans politique
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